• Hommage à Marc Bécam par Bernard Poignant


    Nous nous sommes connus en 1977 dans la compétition électorale pour les élections municipales de mars 1977. Nous nous sommes retrouvés en 1983 et 1989 dans les mêmes conditions. Nous avons été concurrents pour les élections législatives de mars 1978 et juin 1988. À la mairie nous avons alterné,tantôt l’un,tantôt l’autre. Ce que j’en retiens,c’est le respect mutuel de nos échanges. A plusieurs reprises nous avons débattu de l’avenir de Quimper et de la Cornouaille,avec amour de notre ville et conviction pour affirmer nos projets. Au total,une courtoisie que l’on qualifierait aujourd’hui de républicaine si loin des réseaux sociaux..!! 

    Il a été trois ans membre du Gouvernement de Raymond Barre,en charge des collectivités. Il a mis toute son énergie à ouvrir le chemin de la décentralisation avant que François Mitterrand lui donne toute son ampleur. Une sorte de défricheur en quelque sorte. 

    Il a présidé le Conseil national de prévention de la délinquance réunissant tous les acteurs de la sécurité,à un temps où cette question devenait un point central des préoccupations des Français. Une nouvelle fois,un peu en avance. 

    Pour les élections législatives de juin 1988,il est pressenti pour être un candidat d’ouverture après l’élection de François Mitterrand,celui-ci lui ayant rendu visite en octobre 1985. Cette fois, c’était trop tôt et la résistance du PS et du RPR lui ont interdit cette nouvelle aventure. 

    Il aura marqué la ville par ses décisions et son influence au-delà de la cité. En particulier son engagement pour la vie culturelle qui a marqué ses deux mandats : le soutien aux semaines musicales du mois d’aôut,l’appui au cinéma d’art et d’essai,le lancement d’un centre d’art contemporain qu’il n’aura pu mener à terme. 

    Il est un pan de la vie politique comme une tranche d’histoire qui s’efface. Je le vois partir avec tristesse. Il réveille de nombreux souvenirs,pour moi-même et encore beaucoup de Quimpérois. Il suscite en moi une certaine nostalgie pour ces temps politiques anciens. 

    Bernard Poignant