• Un livre en hommage à Max Dubernard par Hélène Tanguy-Carré

    Le jeudi 7 octobre, à l’occasion d’un petit déjeuner à l’hôtel de la Questure, notre groupe d’anciens députés fut associé au le CRAPS (Cercle de Recherche et d’Analyse sur la Protection Sociale) pour le lancement du livre :

     RECHERCHE MÉDICALE

    LES #IDÉES

    DES ACTEURS 

    co-rédigé par 40 acteurs de santé, ouvrage dédié à Jean-Michel Dubernard.


    Accueillant les invités, notre président Emile Blessig, a pu évoquer la mémoire de notre éminent collègue, disparu brutalement en juillet dernier.

    Il rappela le colloque sur « la convergence des systèmes de santé en Europe », qui devait se tenir en mars 2020, soit tout au début du premier confinement.

    Il avait été organisé à l’initiative de « Max », qui le « portait » avec tout son dynamisme, son charisme, sa compétence et son réseau relationnel internationale.

    Jean-Paul Ségade, le Président du CRAPS a pu nous présenter ensuite les grandes finalités et priorités de ce livre (cf note annexe)

    Le débat qui suivit fut passionnant :

    Ouvert par notre collègue, le président Bernard Accoyer, avec toute l’émotion d’avoir été  confrère et ami proche de Jean-Michel Dubernard, il  souligna les qualités et les compétences de l’un « des plus grands chirurgiens au monde »

    Le débat fut ensuite illustré notamment par le témoignage du Professeur Gorin (hématologie et thérapie cellulaire à l’hôpital Saint Antoine) – témoignage « glaçant » de réalisme sur les difficultés d’innover en médecine aujourd’hui.

    Des interventions diverses, on retiendra le « décrochage » de la recherche médicale française, sa situation dramatique actuelle… et pas simplement en raison de critères financiers !

    La «   France de pasteur » a montré au monde son échec, en étant dans l’incapacité de faire un vaccin contre la COVID 19.

    Parmi les quelques phrases chocs, emblématiques ou imagées, que j’ai pour ma part, retenues :

    * « Nous payons les dérives judiciaires du principe de précaution » (que nous avons voté pour certains d’entre nous…)

    * « le prochain Président de la République devrait …mettre au chômage technique la Ministre de la santé pendant un an » …afin qu’il travaille sur la simplification des procédures ! (Exemple :  les multiples agences)

    * « innover et/ou désobéir ? » Innover : c’est aussi le droit à l’erreur !

    * « ramenons le dynamisme dans la recherche en gardant nos jeunes » (INRA fait sa recherche au Maroc !)

    Voici quelques impressions personnelles vécues avec Emile Blessig, Jacques Oudot et Jean-Pierre Balligand au nom de notre groupe… et en petit préambule de notre futur colloque du 10 mars prochain.

    Hélène Tanguy-Carré

    Secrétaire générale du groupe des anciens députés

    Annexe : texte de Jean-Paul Ségade, Président du CRAPS

    La presse retiendra son parcours politique en tant que député, premier adjoint de la ville de Lyon et au niveau national comme président de la commission des affaires sociales à l’Assemblée Nationale.

    La presse médicale retiendra son exceptionnel parcours professionnel, ses premières mondiales dans sa spécialité, l’urologie chirurgicale et les greffes organisées avec des confrères choisis et coordonnés par lui au niveau international et surtout la reconnaissance de ses pairs internationaux.

    Le monde des hôpitaux retiendra sa conviction, sa force de persuasion, mais surtout sa sincérité, Jean-Michel, « Max » réclamait une nouvelle réforme du système de santé à l’exemple de la réforme de 1958 reposant sur trois principes : l’évaluation, la fin de la nomination à vie du corps médical et surtout une « débureaucratisation » des processus de décision. Il faisait souvent référence à son séjour lors de sa spécialisation aux Etats-Unis.

     Les membres du CRAPS retiendront son action et ses réflexions toujours d’actualité. Membre actif du Craps, il avait participé à l’ouvrage sur la parole donnée à 40 acteurs Hospitaliers.  L’ouvrage sur la recherche médicale pour lequel nous sommes réunis ce matin est un moyen de rendre hommage à « un grand Monsieur » de la médecine mondiale, prônant l’innovation de rupture dans une stratégie européenne mais   rappelant constamment que l’important pour lui était le malade et exclusivement le malade qu’il n’appelait pas le patient…

    Pour nous tous Max, comme nous l’appelions tous, était une personne au caractère entier, très fidèle en amitié, sincère, porteur infatigable de ses valeurs et de ses convictions. Nous retiendrons ses appels réguliers, ses désirs de partager ensemble une amitié et convivialité toujours présente.