• Privatisation de la Française des Jeux par Jacques Myard

     Privatisation de la Française des Jeux : une faute !

     

    Le Gouvernement, par la voix de Bruno Le Maire, vient d’annoncer sa décision de privatiser la Française des Jeux (F.D.J). L’Etat ne garderait que 25 % du capital de cette entreprise publique.

     

    La volonté du Gouvernement est simple : faire du fric, c’est la vente des bijoux de famille pour combler les déficits.

    Il n’est pas le premier à le faire, il faut bien le reconnaître.

    Il n’en demeure pas moins que cette décision traduit de la part du Gouvernement une méconnaissance inquiétante en matière de jeux.

     

    -En premier lieu, les jeux de la F.D.J sont parmi les plus addictifs sur les joueurs et sont de nature à avoir des conséquences extrêmement néfastes sur le plan sanitaire.

    Il suffit de voir comment en achetant son journal quotidien, le client va tenter sa chance avec un jeu de grattage. Il y a là un risque majeur que le Gouvernement, au-delà de propos lénifiants sur sa volonté de lutte contre les jeux addictifs, ne prend pas en compte.

     

    Comment croire qu’avec l’entrée dans le capital de la F.D.J d’investisseurs privés, ces derniers ne vont pas pousser à la vente afin d’avoir un juste retour de leur argent.

    Il y a là une contradiction totale dans la position du Gouvernement, qui n’est pas crédible.

     

    De plus, la F.D.J a cannibalisé les jeux hippiques qui nécessitent plus de connaissances que les jeux de grattage, à la portée de toute personne munie d’un objet tranchant qui affiche le résultat de son achat , gagnant ou perdu. Plus d’un milliard de paris sont passés récemment de la filière hippique aux jeux de grattage de la F.D.J.

     

    La F.D.J n’a pas l’impact économique de la filière hippique qui maille le territoire national avec des haras, des centres d’entraînements, des hippodromes, autant d’atouts économiques et d’emplois que la F.D.J ne peut pas remplacer.

     

    Le Gouvernement va à la facilité et à l’immédiateté d’un gain en capital qu’il risque de payer très cher par ailleurs.

    C’est une politique de gribouille qui doit être dénoncée avec force.

    Jacques MYARD